COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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Service de transport médical héliporté : la Fédération du préhospitalier du Québec dénonce un déploiement précipité
Rimouski, le 17 juin 2026 – La Fédération du préhospitalier du Québec (FPHQ) accueille favorablement le principe d’un service de transport médical héliporté et reconnaît pleinement le potentiel qu’un tel service peut représenter pour améliorer l’accès aux soins spécialisés dans les régions du Québec. Toutefois, l’annonce effectuée aujourd’hui par le gouvernement du Québec soulève de sérieuses inquiétudes quant à la préparation réelle du réseau et à l’efficacité du modèle actuellement déployé.
La Fédération estime que plusieurs éléments essentiels à la réussite du projet ne sont toujours pas en place, malgré le lancement officiel du service.
« Nous croyons qu’un service héliporté bien conçu peut sauver des vies, réduire les délais de prise en charge et améliorer les chances de survie des patients dont l’état est chronodépendant. Cependant, ce que nous observons actuellement, c’est un déploiement précipité d’un service dont plusieurs composantes fondamentales sont incomplètes », affirme la Fédération du préhospitalier du Québec.
Un premier transfert qui soulève plusieurs questions
Le gouvernement affirme que ce nouveau service permettra de réduire les délais d’accès aux soins critiques. Or, les faits observés lors du premier transfert effectué le 15 juin dernier soulèvent des interrogations importantes quant aux gains réels de temps annoncés.
Le premier transport concernait un patient nécessitant un transfert urgent de l’Hôpital régional de Rimouski vers l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec pour des soins hémodynamiques spécialisés.
Une équipe paramédicale a pris en charge le patient et a quitté l’hôpital régional de Rimouski à 11 h 34 avant de parcourir plus de 100 kilomètres jusqu’à l’aéroport de Notre-Dame-du-Portage. L’hélicoptère a finalement décollé avec le patient à 13 h 01.
À son arrivée à Québec, le patient a dû être transféré à une autre équipe paramédicale dans les installations de l’aéroport Jean-Lesage afin d’être transporté par ambulance jusqu’au centre hospitalier spécialisé, où il est arrivé à 14 h 44.
Résultat : plus de trois heures se sont écoulées entre le départ du patient de Rimouski et son arrivée au centre spécialisé de Québec.
Pour un usager nécessitant des soins urgents et chronodépendants, ce premier transfert soulève des questions importantes quant à l’efficacité du modèle actuellement proposé.
Des infrastructures absentes
La principale problématique demeure l’absence d’infrastructures adaptées.
À l’heure actuelle, aucun centre hospitalier de la région desservie n’est en mesure d’accueillir directement l’hélicoptère médical dans le cadre du programme annoncé. Les transferts doivent donc être effectués à partir des aéroports, ce qui oblige l’ajout de deux transports ambulanciers : un premier pour conduire le patient à l’aéroport de départ et un second pour le transporter de l’aéroport d’arrivée vers le centre hospitalier spécialisé.
Cette façon de faire multiplie les transferts de patients, augmente les délais et mobilise inutilement des ressources ambulancières déjà limitées.
La Fédération s’interroge également sur les choix opérationnels entourant le premier transport réalisé. Alors que l’aéroport de Rimouski est situé à quelques kilomètres seulement du Centre hospitalier régional de Rimouski, le patient a dû être transporté jusqu’à l’aéroport de Notre-Dame-du-Portage avant d’être pris en charge par l’hélicoptère.
Le gouvernement devra expliquer clairement les raisons ayant motivé ce choix et démontrer en quoi cette méthode permet réellement d’optimiser les délais pour les patients nécessitant des soins spécialisés urgents.
Une pression supplémentaire sur les services ambulanciers
La situation est également préoccupante pour la région de Québec.
Chaque transfert nécessitera l’affectation d’équipes paramédicales de la région de la Capitale-Nationale afin d’assurer le transport entre l’aéroport Jean-Lesage et les établissements hospitaliers spécialisés de la capitale.
Dans un contexte où les ressources ambulancières sont déjà sous pression, cette nouvelle charge de travail risque de réduire davantage la disponibilité des véhicules destinés à répondre aux urgences de la population.
Un manque de préparation du réseau
La Fédération dénonce également l’absence quasi totale de communication et de préparation de Santé-Québec et du MSSS avant le lancement du service.
À ce jour, les entreprises ambulancières, les paramédics et plusieurs partenaires du réseau n’ont reçu ni formation spécifique ni directives opérationnelles détaillées concernant les procédures entourant les transferts entre les ambulances et l’hélicoptère.
Plusieurs éléments essentiels demeurent inconnus, notamment les sites d’atterrissage retenus en région, les protocoles précis encadrant les opérations ainsi que les mécanismes de coordination entre les différents intervenants.
Par ailleurs, alors que le gouvernement avait initialement présenté un rayon d’action de 275 kilomètres pour ce service, le communiqué publié aujourd’hui fait désormais état d’un rayon de 250 kilomètres, ce qui soulève des interrogations quant à la portée réelle du projet.
Des préoccupations importantes subsistent également concernant l’autonomie opérationnelle de l’appareil. Selon les informations obtenues, l’hélicoptère doit effectuer une gestion serrée de son carburant pour desservir certaines régions, notamment Rimouski, ce qui pourrait limiter davantage son efficacité et sa capacité à offrir une réponse rapide lorsque chaque minute compte.
La Fédération demande au gouvernement de corriger le tir
La Fédération du préhospitalier du Québec demeure favorable au développement du transport médical héliporté au Québec. Toutefois, ce service doit être implanté sur des bases solides, avec des infrastructures adéquates, des procédures claires, une formation appropriée et une intégration cohérente à l’ensemble du réseau préhospitalier d’urgence.
La Fédération estime que le gouvernement aurait dû attendre que les infrastructures nécessaires soient en place avant de procéder au lancement officiel du service.
« Nous sommes favorables au transport médical héliporté. Ce que nous dénonçons aujourd’hui, ce n’est pas le principe du projet, mais sa mise en œuvre précipitée. Les patients méritent un service pleinement fonctionnel dès son déploiement, particulièrement lorsqu’il s’agit de situations où chaque minute compte », conclut la Fédération.
La Fédération du préhospitalier du Québec demande au gouvernement du Québec de corriger rapidement les lacunes observées, de compléter les infrastructures requises et d’assurer une meilleure préparation des intervenants afin que ce service puisse réellement atteindre son objectif premier : réduire les délais d’accès aux soins spécialisés et améliorer concrètement les chances de survie des patients les plus vulnérables.
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Source :
Fédération du préhospitalier du Québec
Renseignements :
Jérémie Corneau-Landry
Fédération du préhospitalier du Québec
jeremielandry@fphq.ca


